Idéation d’un agenda psychologique dans le cadre du cours Design d’interface de l’Université Laval.


Table des matières

  1. Résumé
  2. Problèmes
  3. Portée et objectif
  4. Solution et méthodologie
  5. Résultat
  6. Conclusion

[Ne voir que les maquettes]


Logo


Résumé

Cet article traite de la création d’un outil, nommé Suivie, visant à aider les patients et les soignants de la dépression. Il présente les différentes étapes à parcourir afin de mener à bien un projet de design d’auteur. Il commence par une recherche d’informations profonde sur le sujet : la dépression. Plusieurs ouvrages, articles, rapports et sites Internet traitent du sujet. Certains d’entre eux présentent des statistiques alarmantes sur le sujet, notamment sur la quantité de gens qui souffrent de dépression sévère et que cette quantité augmente d’année en année ou du haut taux élevé de suicide chez les personnes dépressives. De plus, cela m’a permis de constater les problèmes présents dans le traitement des gens dépressifs. Par exemple, on peut constater une augmentation dans le nombre de consultations des soignants pour la dépression et une augmentation dans la consommation d’antidépresseurs. De plus, nous pouvons voir que les médecins généralistes ont de la difficulté à détecter les gens qui en souffrent, ce qui peut parfois mener à de graves conséquences. Avec la volonté de régler ces problèmes, j’ai effectué plusieurs démarches pour réussir à créer un nouvel outil. Après ma recherche d’informations sur le sujet, j’ai créé des scénarios qui m’ont aidée à déterminer les contraintes à garder en tête tout au long du processus de création. J’ai pu par le fait même dessiner des maquettes papier qui m’ont aidées à déterminer le type de support adéquat pour recevoir mon application. Ainsi, à l’aide des contraintes, j’ai déterminé que je n’avais pas besoin d’en inventer un et d’utiliser un support déjà existant. J’ai donc choisi la DSi XL pour accueillir mon application pour plusieurs raisons qui seront énoncées dans le texte. Ensuite, j’ai pensé le contenu de mon application en me basant beaucoup sur des grilles papier et des tests psychologiques déjà existants. Pour terminer, après avoir établi mon contenu, j’ai créé quelques prototypes qui présentent l’apparence de l’interface de mon application.


Problèmes

Dans la vie de tous les jours, il est normal de connaître des périodes où nous nous sentons moins joyeux, mais cet état ne doit pas être mélangé avec des maladies beaucoup plus sérieuses comme la dépression. La dépression est à même d’influencer à différents niveaux la vie des gens qui en souffrent : légèrement, modérément et sévèrement. Elle peut causer, sur l’humain qui souffre de la maladie, des conséquences graves voire même funestes. Celle-ci est également capable d’influencer la vie du monde qui entoure cette personne. Elle peut être perçue chez l’individu malade par des symptômes physiques ou psychologiques, mais beaucoup des humains qui en sont victimes ne la reconnaissent pas ou la dénient. C’est pour ces raisons que cette maladie est parfois délicate à diagnostiquer. Personne n’est épargné par ce mal, mais il y a tout de même une population plus propice à en souffrir. Nous sommes en mesure de citer parmi eux : les gens pauvres, les gens qui éprouvent déjà un autre problème de santé, les gens qui vivent des changements importants ou qui ont eu un passé ardu [1|2|3].

Malheureusement, dû à la société actuelle qui va toujours de plus en plus vite, beaucoup d’emplois mettent les gens en contact avec un grand niveau de stress. L’Organisation mondiale de la santé a annoncé que la dépression sera en 2020 la première cause d’invalidité au travail [4]. Nous serons donc progressivement en présence de plus de gens qui en seront victimes ou nous serons nous-mêmes à risques d’en souffrir. À l’instant présent, il y a déjà près de 25 % de la population québécoise qui est atteinte de dépression sévère [2|5]. En utilisant ces statistiques, sur les 7,7 millions d’habitants [6], il y a à l’heure actuelle environ 1,9 million de personnes atteint d’une dépression importante. Selon la FFAPAMM, sur ces personnes, 15 % viendront tragiquement à s’enlever la vie [5], car ils auront été incapables de trouver les ressources ou la force nécessaire pour les aider.

À l’image des statistiques présentées, nous sommes à même de penser avec raison que cette maladie pourrait présenter des problèmes sur la façon que les soignants procèdent à son diagnostic et à son traitement. Effectivement, plusieurs problèmes existent dans le domaine de la médecine dû à la façon de déterminer les gens qui en souffre et comment ils seront traités. Il y a, notamment, un problème chez les médecins généralistes. Puisqu’ils n’ont pas de formation poussée, ils ont beaucoup plus de difficulté qu’un professionnel formé pour ces problèmes de savoir si le patient est atteint de dépression. Plus de 65 % des cas seront mal diagnostiqués. Parfois, le médecin généraliste ne décèlera pas la dépression chez son patient, c’est-à-dire pour 50 % des cas [7]. Dans d’autres situations, il pensera que le patient est dépressif alors qu’il ne le sera pas, c’est-à-dire pour 20 % des cas [7]. Il y a donc une grande majorité des individus qui se retrouve non traitée. Nous pouvons y ajouter à eux tous ceux qui n’iront jamais en parler à cause de la honte ou du déni d’être atteint de dépression. Puis, suite à l’augmentation du nombre de gens dépressifs et des patients qui iront consulter des psychologues ou des psychiatres, il est facile de constater que ceux-ci auront une plus grosse charge de travail. D’ailleurs, le nombre de consultations pour la dépression a augmenté, entre 1995 et 2003, de 60 % [4]. Nous pouvons donc facilement croire que chacun des patients se verra accorder moins de temps dans le traitement de leurs dossiers, et ce surtout dans le milieu public qui souffre d’un manque d’effectifs dans plusieurs domaines [8]. Sur une période de quatre ans, il y a également eu une autre énorme augmentation, c’est-à-dire 104 % d’augmentation sur la consommation des antidépresseurs au Canada lors des traitements [4]. Nous avons la possibilité, suite à cette deuxième constatation, de nous demander si le problème du manque de temps n’est pas déjà trop présent. Il est également important de dire que, malgré tout, l’usage des antidépresseurs peut être une grande aide pour certains patients. Par contre, un traitement qui s’est basé sur leurs utilisations pour régler le problème a un plus haut taux de rechute qu’un traitement basé sur la discussion [9].

Plusieurs rapports gouvernementaux compilent des données sur la dépression afin de voir le cheminement de cette maladie. D’ailleurs, ces rapports essaient d’en faire connaître un peu plus sur le profil des gens qui en souffrent pour ainsi aider les professionnels qui les traitent. Probablement, cela apporte une grande aide à ces professionnels pour répondre à certaines de leurs questions, mais chacun des patients est unique. Les méthodes actuelles pour accumuler des renseignements sur un seul patient restent encore une façon traditionnelle, c’est-à-dire en remplissant des grilles sur une feuille de papier. Celles-ci, bien qu’elles aient longtemps prouvé leur efficacité, ont tout de même quelques inconvénients. Pour le patient, elles sont en général peu intuitives ou peu guidées, par conséquent difficile à utiliser. Également, elles sont faciles à perdre ou le patient omet de les compléter. De plus, elle se retrouve couramment à être la photocopie d’une autre photocopie. Dans ces conditions, elles deviennent laborieuses à lire pour certains patients. Pour le professionnel, elles peuvent être un manque d’information, soit parce que la feuille a été perdue, oubliée ou non complétée. D’autre part, parfois les patients soustraient des informations par honte d’avoir écrit certaines choses. Qui plus est, dépendant l’écriture du patient, la compréhension de celle-ci peut être un véritable casse-tête. Conséquemment, ces deux problèmes rendent le suivi du patient plus exigeant.


Portée et objectif

Ainsi, durant ma recherche au sujet de la dépression, de nombreux problèmes ont été soulevés sur la façon actuelle qu’est traitée la maladie. Pour faire suite à la découverte de ces problèmes, j’ai décidé de créer un outil qui sera susceptible de palier complètement à ceux-ci. Pour créer celui-ci, j’ai trouvé plusieurs objectifs à court terme dont j’ai tenu compte durant toute la démarche. Dans la présente section, il vous sera expliqué qu’elles sont ces trois objectifs principaux et ce que je souhaite régler en voulant les corriger. Je vais également discuter des objectifs à long terme, qui seront, je l’espère, résolus grâce aux atteintes des objectifs à court terme. Finalement, je vais discuter de la façon que cet outil peut être utilisé pour aller encore plus loin pour aider au traitement des gens dépressifs.

Le premier objectif à court terme est d’offrir au médecin généraliste plus de chance d’identifier correctement les patients dépressifs et, ainsi, de pouvoir plus rapidement les référer à un professionnel adéquat à leur problème. S’ils sont diagnostiqués adéquatement cela brisera l’isolement de certains et évitera le surplus de travail pour certains professionnels qui aurait pu recevoir la visite de patients non dépressifs.

Le second objectif à court terme est de régler les problèmes rencontrés à cause du support actuel qui sert à accumuler l’information sur le patient : le papier. J’aspire à avoir un outil qui va aider le patient à mieux exprimer son état et sur lequel il pourra davantage comprendre les renseignements qui lui sont fournis. Également, il lui faut un instrument qui ne lui permettra pas de retirer des informations écrites qui pourraient être cruciales au traitement de sa dépression. Qui plus est, il faut un objet qui remémore au patient qu’il doit noter ses impressions. Tout cela vise à venir en aide au patient pour qu’il explique plus précisément sa situation et ainsi qu’il ne retarde pas non-intentionnellement l’amélioration de son état.

Le dernier objectif à court terme est de répondre aux besoins des professionnels afin qu’ils puissent plus rapidement traiter les informations apportées par le patient et avoir une meilleure compréhension de son état. Ainsi, par ce changement, je désirerais constater que le temps qu’un professionnel doit accorder à chaque cas se voit diminué, mais que son diagnostic se voit être plus juste. Qui plus est, je voudrais leur donner la possibilité d’aider le patient à se sentir mieux en peu de temps.

Parallèlement à ces objectifs, j’aspire à long terme à réduire la quantité d’antidépresseurs consommés, car la proportion de patients qui utilisent actuellement ceux-ci est très élevée. De plus, puisque la consommation d’antidépresseurs serait amenuisée, j’aimerais que le nombre de rechutes suite au traitement d’une dépression soit aussi diminué. Également, je souhaiterais grandement que le pourcentage de suicide soit abaissé au plus bas taux possible. J’aspire à tout cela dans l’espoir d’augmenter la qualité de vie d’un large nombre de personnes.

Finalement, bien au-delà de ces attentes, je suis consciente que l’utilisation d’une technologique informatique permettrait, toujours avec un souci de confidentialité, d’établir des statistiques beaucoup plus précises pour la rechercher sur la dépression et par le fait même être en mesure de mieux comprendre cette maladie mentale très complexe.


Solution et méthodologie

Une démarche par étape s’est avérée utile durant la session afin de bien faire la gestion de l’avancement du projet. Je parlerai dans cette section des étapes par lesquelles je suis passée afin d’arriver au résultat final. Je commencerai par l’étape de recherche qui se révèle être un pilier majeur pour mon projet. Puis, je continuerai en parlant de la création de maquettes dessinées et de scénarios qui a été très bénéfique à la compréhension de l’ampleur du projet. Ensuite, je traiterai de la découverte des contraintes qui nous permet de mieux visualiser les nécessités de l’outil. Finalement, en lien avec le déroulement, je ferai une critique de la méthode de travail utilisée durant la session : le design d’auteur.

En premier lieu, pour bien appréhender le domaine, j’ai commencé mon travail en faisant une exploration du domaine pour mieux comprendre la maladie. J’ai tout d’abord fait une recherche de base sur Internet afin de me familiariser avec le vocabulaire. J’ai trouvé beaucoup d’information sur des sites Web spécialisés sur la dépression, par exemple le site Psychomédia. Cette information me semblait déjà très complète pour bien saisir la maladie. Ensuite, j’ai regardé du côté des livres et des revues. Ceux-ci étaient trop souvent dans un vocabulaire scientifique ou, pour ceux qui ne l’étaient pas, ils traitaient d’informations que j’avais lues auparavant sur Internet. J’ai finalement, après la mi-session, découvert un livre, Vaincre la dépression, une étape à la fois par Addis M. E. et Martell C. R., qui contenait des renseignements intéressants pour compléter les données que j’avais accumulées antérieurement. Le seul point négatif que j’ai constaté pendant ma recherche, c’est que trop souvent les statistiques trouvées dataient de plusieurs années. Par contre, j’ai eu la même constatation en regardant les travaux de mes compères, donc j’ai considéré que cela devait être normal.

Je me suis aperçue durant mes recherches que plusieurs traitements et approches existent pour aider les gens souffrant de la dépression. J’ai décidé de fonder ma démarche sur la thérapie cognitive [10|11|12], qui consiste à étudier ses pensées ou activités. À l’aide des constatations faites suite à l’étude des pensées ou activités, les patients tentent d’apporter des changements positifs à leurs vies. La prise de note par le patient est donc très importante pour la démarche, qu’elle soit avec ou sans un professionnel.

J’ai également découvert que les professionnels qui traitent cette maladie mentale ont aussi un manuel de diagnostic, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM), sur lequel il devrait baser le traitement de leurs patients. Par contre, certains spécialistes omettent, volontairement ou non, d’utiliser toutes les démarches proposées par le livre [13]. Ceci peut influencer négativement les traitements et le temps attribué à chaque traitement.

En second lieu, j’ai fait un « brainstorm » avec d’autres étudiants afin de nous aider à prendre une direction concernant l’étape qui nous causait le plus de problèmes. Personnellement, ma question n’a pas été répondue exactement dans l’optique que j’aurais souhaité. Par contre, les réponses m’ont quand même apporté de nouvelles sources de questionnement sur ce que devrait contenir mon outil.

Ensuite, j’ai questionné un professionnel, le Dr Sébastien Simard, et des personnes qui ont été victimes de la dépression, qui resteront anonymes, afin de savoir qu’elles sont les informations propices à l’avancement du traitement de leur maladie. Chacun des professionnels exige des informations différentes, car ils sont uniques dans leurs démarches pour traiter un patient. Par contre, certaines des données qui sont demandées restent pareilles ou elles se ressemblent un peu. J’ai fait une petite collecte de ces grilles pour en ressortir toutes les valeurs importantes. Celles que j’ai principalement retenues sont les suivantes : les émotions ressenties, les activités faites, le moment de la journée et les pensées en réponse aux émotions ou activités. De plus, j’ai fait un graphique qui crée une compilation de ce qui est affecté par la dépression et ce qui affecte la dépression à l’aide de toutes les informations que j’avais accumulées depuis le début du travail.

Après cette étape, j’ai commencé à faire des esquisses sur la forme que devrait prendre mon objet. Ceci m’a permis de constater que la manipulation était plus facile sur la verticale pour un clavier. Également, que le plan paysage sur ce type d’appareil était plus approprié aux longs textes. De plus, si l’objet était en deux pièces cela faciliterait l’utilisation, en réduisant, par exemple, la fatigue lors de l’écriture. De plus, cela permet plus facilement de garder les écrans cachés. J’ai également fait une recherche sur le Web de différents appareils portatifs auxquels mon outil pourrait ressembler. J’ai regardé des cellulaires, des tablettes informatiques (iPad, Galaxy Tab, etc.), des mini-ordinateurs portables et des jeux portatifs (DS et la PSP). J’ai été sensible aux appareils électroniques que je voyais dans mon entourage. Je voulais comprendre comment les gens interagissaient avec ceux-ci dans les lieux publics. J’ai expérimenté moi-même certains d’entre eux afin de mieux saisir les possibilités qui s’offraient à moi. J’ai testé certains cellulaires, la tablette iPad, la DS, la Dsi et la Dsi XL. J’ai donc pu prendre conscience des forces et des faiblesses de chacun des produits.

En parallèle, à l’aide des données accumulées sur la maladie et le type de personne qui en souffre, j’ai été à même de créer de petits scénarios d’utilisation afin de bien déterminer les contraintes de mon projet. Étant de nature empathique, je crois que cela m’a beaucoup aidée à me placer dans la même situation qu’un individu dépressif. Par contre, à ce point de ma démarche, j’ai dû faire le choix de considérer mon produit comme un objet que le patient montrerait sans gêne ou comme un produit que le patient cacherait. Une nouvelle consultation de deux professionnels dans le domaine, le Dr Sébastien Simard et le Dr Louise Careau, me fut nécessaire pour constater que cela dépendait du contexte. Les gens suicidaires devraient le dévoiler. Par contre, les gens pour lesquelles la cause de la dépression est dans son entourage ne devraient pas.

Annexe : Consulter la liste des scénarios

Puis, en fonction des scénarios et des informations acquises depuis le début du travail, j’ai pu créer une liste des contraintes afin de mieux évaluer les besoins à prendre en compte lors de conceptualisation de mon outil. Afin de mieux juger de l’impact de celle-ci, j’ai classé les contraintes par catégorie ce qui m’a révélé de nouveaux points importants que j’avais oubliés. De plus, cela m’a indiqué les catégories qui ressortaient le plus et quel type de contrainte étaient le plus à tenir compte lors de la création de mon objet.

Les différentes catégories que j’ai utilisées pour classifier mes contraintes sont les suivantes :

  • Fonctionnelles : agis sur la présence physique de l’objet pour tous les utilisateurs.
  • Confidentialité : agis sur la sécurité des données qui seront entrées dans l’objet.
  • Esthétiques : agis sur l’apparence de l’application et de l’objet.
  • Ergonomiques : agis sur la présence physique de l’objet, mais dans l’optique d’un type d’utilisateur cible.
  • Fiabilité : agis sur la capacité de l’objet à remplir la demande en données.
  • Économique : agis sur le coût pécuniaire de l’objet.
  • Écologique : agis sur le coût environnemental de l’objet.

J’ai ensuite classé les contraintes par ordre d’importance afin de mieux établir la portée de ceux-ci dans ma démarche de création. Le classement que j’ai utilisé est le suivant : essentiel, très important, important et facultatif. Toutes les contraintes déterminées ont une raison d’être, mais faire une priorité m’a permis de déterminer celles qui pourraient être mises de côté ou non. Cela a été fait afin d’avoir une meilleure réponse à celles qui ont été jugées essentielles à la conception de l’objet.

En évaluant ces résultats, j’ai fait la constatation que la plupart des contraintes qui sont en lien avec la confidentialité, la fiabilité, la fonctionnalité et l’ergonomie sont classées dans les contraintes essentielles. La notion de confidentialité est très importante dans mon travail, car c’est un critère qui est également prioritaire dans la relation entre un patient et un spécialiste de la santé. Il y a donc plusieurs contraintes qui en tiennent compte afin de protéger les renseignements accumulés dans l’appareil tout au long du traitement du patient et même pour protéger l’existence des informations dans le futur. Également, l’appareil doit être fiable et fournir les informations au moment où elles doivent être disponibles et aider à la compréhension de celles-ci. L’appareil a également l’obligation de répondre à plusieurs besoins fonctionnels concernant surtout sa possibilité d’être transporté, facilement et longtemps, et sa durée de vie, notamment en coût énergétique. Aussi, puisque je souhaite que les gens s’en servent souvent, et ce par le plus de types de personnes possible, l’appareil a eu à faire face aussi à certaines contraintes ergonomiques. Celle-ci faisait appel aux capacités physiques, aux connaissances et au temps de concentration des gens. Ensuite, étant très importantes, viennent la plupart des contraintes esthétiques et la contrainte économique qui a d’ailleurs une place cruciale dans le choix final de l’apparence de l’appareil. Je désire avoir un produit esthétiquement beau, coloré et qui ne rebutera pas le patient. Ceci compte pour l’apparence de l’appareil et le visuel de l’application. Puisque le produit sera utilisé dans le milieu de la santé, il se peut que celui-ci soit fourni gratuitement par le système de la santé. Dans cette optique, je veux réduire les coûts au plus bas montants envisageables afin qu’il y ait une grande abondance d’appareils disponibles en circulation. Puis, en dernier lieu vient la contrainte écologique qui se retrouve en seconde importance sous la contrainte économique. Par contre, si l’appareil doit être produit en plus grande quantité, parce que celle-ci n’est pas assez solide et brise constamment, cela ne sera pas économique, ni écologique. C’est ici que vient en jeu la contrainte écologique.

Annexe : Consulter la liste des contraintes

Finalement, tout ce travail s’étant déroulé le temps d’une session, chaque étape que j’ai décrite précédemment n’avait qu’une courte période pour être complétée. Des recherches supplémentaires pourraient améliorer mes connaissances de la psychologie et de la dépression. Cela me permettrait probablement d’ajuster certains éléments de ma conception afin de mieux répondre à l’attente des professionnels qui traitent la maladie et à l’attente des patients qui en souffrent. Le livre, Vaincre la dépression, une étape à la fois par Addis M. E. et Martell C. R., m’a beaucoup aidée à savoir les informations que je devais prendre en compte pour soutenir le traitement de la dépression. Par contre, ce livre se veut une méthode d’auto-traitement et il ne tient pas compte des professionnels qui traitent la dépression. J’ai eu la chance d’avoir l’opinion de deux psychologues durant ma démarche, mais il reste que je ne suis pas formée dans ce domaine. Je considère que c’est ici une limite du design d’auteur. Je suis convaincue que sans aller vers le design centré sur l’utilisateur, il aurait pu être fascinant de travailler en équipe sur un tel projet, c’est-à-dire avec une personne ayant plus d’expérience dans le domaine, par exemple un psychologue, un psychiatre ou un psychothérapeute. J’estime toutefois que le résultat final de mon projet est très attrayant et que ce pourrait être un outil très profitable à être réellement utilisé lors du traitement d’un individu souffrant de dépression. Également, je suis d’avis que sans poser des questions aux gens sur comment ils perçoivent un objet, nous nous devons en tant que designers de tenir compte des problèmes ou des bons coups que nous sentons présent dans un objet. Une bonne capacité d’observation est donc nécessaire


Résultat

Le choix d’un support adéquat

À la suite de plusieurs tests et recherches, j’ai déterminé qu’il serait plus profitable pour mon application d’exister sur un appareil déjà existant, car le coût de production se voit énormément réduit de cette façon. J’ai donc cherché un appareil ayant une faible valeur pécuniaire qui répondrait le plus possible aux contraintes que j’avais fixées. Il m’est rapidement apparu que la DSi XL serait un support idéal. Celle-ci existe depuis récemment, le 28 mars 2010 en Amérique du Nord, en format très large, avec un écran 93 % plus grand que la DSi, et un stylet plus gros pour un meilleur maintien chez la main adulte. Elle est donc encore plus conviviale pour accueillir mon logiciel. La DSi XL est actuellement vendue en magasin au prix courant de 170 $. Si nous voulons en acheter une grande quantité, il serait certainement réaliste de penser se la procurer à moindre coût. Ensuite, la console contient une multitude de périphériques qui pourrait être utile : écran tactile, haut-parleur, connecteur réseau sans fil, appareil photo et microphone. Ainsi, mon produit sera une application placée sur une carte qui fonctionne avec une DS.

Il est certain que cette console n’a pas un taux d’affiche aussi bon qu’un produit tel qu’une tablette iPad. Par contre, elles nous donnent tout de même la possibilité de produire des applications agréables et amusantes. De plus, la console est offerte en plusieurs coloris, ceci peut être invitant à l’utilisation pour le patient réfractaire, car cela permet la personnalisation du produit à utilisateur. Il est à noter que l’application sera également personnalisée aux couleurs de l’appareil pour un meilleur effet visuel. Également, pour certains patients le fait de pouvoir utiliser un produit aussi récent serait susceptible de leur apporter un sentiment d’importance.

Également, j’ai opté pour la DS, car elle a un écran tactile et un écran d’affichage plutôt qu’un écran et un clavier, car je trouve cela plus facile à utiliser. De plus, cela permet d’utiliser le premier écran pour consulter l’information et la deuxième pour faire des choix ou avoir un clavier beaucoup plus large au niveau des touches afin d’écrire. En outre, l’utilisation du stylet ici nous simplifie la vie, comparativement à un clavier normal ou iPad où l’on doit utiliser ses doigts qui sont parfois trop gros pour les touches. Également, puisqu’elle se plie et se ferme, elle permet de facilement et rapidement cacher l’information à quiconque s’approchant de la personne qui l’utilise à des fins médicales. Qui plus est, puisqu’elle est utilisée pour autre chose, il est plus simple de dissimuler ce que nous faisons avec. Elle pourrait être utilisée comme agenda ou pour jouer. D’ailleurs, la DS est la console la plus utilisée par les femmes, donc elle passera aussi inaperçue dans les mains d’une femme que dans celle d’un homme [14].

Un connecteur réseau sans fil permettra l’échange de données entre l’appareil du client et l’ordinateur du soignant. Ces données seront cryptées de façon à n’être comprises que par les applications disponibles sur l’appareil de ces deux protagonistes. Dans le même ordre d’idée, les deux applications seront protégées par des mots de passe personnalisés. Pour le soignant, le mot de passe se fera changer régulièrement pour une meilleure protection, car il utilisera l’outil à plus long terme.

Du reste, la DS contient des haut-parleurs, ce qui est parfait pour les interactions sonores telles que les alertes médicament, les rappels de noter son humeur et les alarmes ajoutées par le patient. L’appareil photo peut également être utile, car le patient pourra prendre une photographie de lui qui s’ajoutera à son profil dans la section du soignant. Ceci pourra aider le soignant à repérer plus rapidement ses patients dans ses dossiers informatiques.

L’application finale

Il y a dans le projet deux sections à développer, c’est-à-dire celle du patient et celle du soignant. Je me suis principalement attardée au cours de mon travail à la section du patient, car c’était selon moi la partie la plus importante, qui nécessitait le plus de travail et qui offrait la possibilité de faire quelque chose de plus créatif. J’ai tout de même fait une arborescence de la navigation pour les deux groupes afin de m’aider à mieux visualiser la section du patient par rapport à la section du soignant. Ensuite grâce à ces arborescences, j’ai déterminé pour le patient le contenu des différentes sections de cette première l’arborescence. J’ai ainsi pu créer des arborescences qui vous présentent la navigation à l’intérieur du logiciel pour le patient.

Arborescence générale du contenu de la section patient

Arborescence partient

Arborescence générale du contenu de la section soignant

Arborescence soignant

Arborescence de la navigation de la section du patient

Arborescence navigation

J’ai finalement créé des maquettes de deux des sections de la navigation pour le patient afin de démontrer l’aspect visuel de l’application. Premièrement, j’ai choisi de présenter les deux étapes de la maquette pour les fiches rapides, car elle représente bien les fiches complètes. Ensuite, j’ai décidé de présenter un exemple pour les tests psychologiques, car c’est une section qui est différente des autres. Elle est également intéressante à voir puisqu’elle va changer selon le test que le soignant décide de choisir et un exemple général montrera les possibilités du test.

La fiche rapide se déroule, comme présentée dans l’arborescence de navigation, sur deux étapes. Lors de la première étape, le patient doit choisir son humeur actuelle. Dans un premier temps, il doit choisir parmi quatre visages de personnage celui qui se rapproche le plus à son état mental. Ensuite, choisir le terme qui représente le plus son humeur. Puis finalement, il doit coter sur 1 à 10 qu’elle est la force de ce sentiment.

Voici le tableau qui contient la liste des humeurs qui sont présentées pour chacun des personnages :

Perso. en colère Perso. qui pleure Perso. apeuré Perso. qui sourit
Enragé
Énervé
Fâché
Contrarié
Révolté
Colérique
Triste
Honteux
Désespéré
Mélancolique
Abattu
Morose
Anxieux
Craintif
Terrifié
Nerveux
Inquiet
Angoissé
Heureux
Satisfait
Content
Joyeux
Excité
Passionné

Lors de la deuxième étape, le patient doit noter en quelques caractères la raison de cet état. Comme c’est une intervention rapide, nous ne voulons pas que celui-ci écrive beaucoup, mais qu’il cible directement la cause de son malaise. C’est pour cette raison que j’ai limité la prise de note à 140 caractères, qui donne une ou deux phrases au total.

Maquettes des étapes de la fiche rapide

Maquette fiche rapide 1 Maquette fiche rapide 2

En second lieu, le test psychologique se déroule, comme présenter dans l’arborescence de navigation, sur de multiples étapes. En fait, le nombre d’étapes va dépendre du test que le soignant décidera de présenter. Pour créer la maquette, j’ai utilisé l’Inventaire de dépression de Beck. Chaque test comprend néanmoins toujours l’instruction de départ, les questions du test et, pour conclure, les résultats.

Maquettes des étapes d’un test psychologique

Maquette test psycho. 1 Maquette test psycho. 2 Maquette test psycho. 4

Le nom de l’application

Le nom qui a été choisi pour l’application est Suivie, qui provient de l’amalgame du mot Suivre et du mot Vie. Le terme Suivre, nous aide à voir l’importance de sa présence et de son utilisation à tout moment de la journée. Il démontre au patient que c’est en notant avec attention des informations sur sa vie que l’outil sera efficace. Le terme vie, nous aide à tenir compte de ce qui est affecté par la dépression et ce qui sera modifié par le traitement. Il inclut également la notion de suivi par un professionnel de la santé. Le logo représente métaphorique la connexion entre le soignant qui suit et le patient qui vie.

Suivre, verbe
Aller avec (quelqu’un), accompagner dans ses déplacements.
Accorder son attention à (quelque chose), observer avec intérêt le déroulement de.
Observer avec attention le comportement, l’évolution de (quelqu’un, un groupe.
Comprendre dans sa succession logique.
Vie, nom féminin
Espace de temps qui va de la naissance jusqu’à la mort de quelqu’un.
Ensemble des évènements, des faits qui remplissent cet espace de temps pour chaque personne.
Ensemble des activités de quelqu’un, d’un groupe, d’une collectivité.
Suivi, non masculin
Surveillance exercée dans le but de s’assurer du bon déroulement d’un processus. Assurer le suivi d’un patient.


Conclusion

Pour conclure, je crois que mon outil, nommé Suivie, est très intéressant et qu’il répond bien aux objectifs que je m’étais fixés. Ma recherche sur ce qu’est la dépression et des problèmes qui existent dans le domaine m’a menée à une bonne piste de création. J’ai ainsi pu bien baliser et répondre à mes objectifs. Mon outil, à l’aide des tests psychologiques, permettra d’aider les médecins généralistes à mieux diagnostiquer si leurs patients sont dépressifs. De plus, étant un outil informatique, il palliera les problèmes occasionnés par le papier, c’est-à-dire moins de pertes des données, moins de censures des données, une meilleure compréhension du patient des données à fournir et une facilité accrue pour le soignant à comprendre les données reçues. Qui plus est, puisque l’outil produira des statistiques et des compilations de données entrées informatiques cela facilitera le traitement fait par le soignant. Je crois par contre que c’est à long terme que les problèmes de l’augmentation du nombre de traitements et de l’utilisation d’antidépresseurs vont lentement chuter. Pour réussir à répondre à mes objectifs, j’ai dû passer par de multiples étapes telles que la création de scénario, la recherche de contraintes et la création de maquette. Ceci m’a permis de déterminer qu’un support pour mon appareil n’avait pas nécessairement besoin d’être créé. Je devais principalement concentrer mon travail sur l’application. Particulièrement celle pour le patient, car c’était là l’innovation majeure de mon projet. Il est donc entendu que toute la section utilisée par le soignant n’a pas été développée et que pour ce faire plus de temps serait nécessaire. Finalement, il serait digne d’intérêt avec mon projet d’aller encore plus loin afin de répondre au besoin d’un public différent. Par exemple, il serait intéressant de créer une version de l’outil pour traiter les enfants. Leur traitement est plus souvent basé sur le dessin plutôt que l’écrit. De plus, il faudrait penser une approche plus adapter aux gens aveugles, car la version actuelle de l’outil ne répond pas du tout à leurs besoins.


Remerciements

Un grand merci aux psychologues, Sébastien Simard et Louise Careau, qui ont gentiment répondu à mes questions.

De plus, merci aux gens qui souffrent ou ont souffert de dépression et qui ont gentiment répondu à mes questions sur le déroulement d’un traitement pour cette maladie.


Références

  1. Patten, S. et H. Juby (2008). Profil de la dépression clinique au Canada. Série de synthèses de recherche. CDR.
  2. Camirand, H. et V. Nanhou (2008). La détresse psychologique chez les Québécois en 2005. Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, Institut de la statistique du Québec.
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